SETU

Lorette Pouillon

Un bon gros tas

performance, ensemble de sculptures animées

©Malo Legrand

Devant la crèche en U
Un bon gros tas de paille.
Un canard perché, nous observe s’installer.
Rien n’est plus réel et simple que ce gros tas de paille
mais de là sort une main.
Elle cherche, aveugle et trouve une console.
Un son de gluance terrifiant vient d’un bloc de paille
qui se détache lentement du tas
c’est effrayant ce son d’alien visqueux et la paille super sèche, ça va pas !
Pourquoi ça fait ce son ? Le cerveau cherche,
ça pivote, révolution de la chose.
Frottements.
On sursaute. Des plumes et des œufs tombent du toit !
Deux plumes fixées sur un petit moteur gigotent ou agonisent ?
Ya un oiseau qu’est mort dit un enfant.
Une grosse masse de paille humaine (aha, c’est Lorette Pouillon)
bouge et balance un agneau mort en peluche.
Elle dépose maintenant une fourmis électronique sur le sol
Les spectateurs la regardent comme si c’était une vraie !
Alors une main de plâtre nous propose un tirage à la courte paille : 
Quelqu’un lit le défi : Le chevreau énervé et une buggy téléguidée recouverte d’une toison
se met à charger tout le monde. Une autre fois, il faut Trouver l’aiguille et ça cherche
dans la paille mais c’est dur, il y a de plus en plus de poussière.
Tous toussent. Certains abandonnent.
Ça vaut le coup dit-elle. Il y a un prix à la clef !
Le monsieur au chapeau cherche bien, il lâche rien. Soudain, il dit : J’ai trouvé !
Il gagne une assiette de paille d’or (les gaufrettes) qu’il partage direct. Il a l’air si content d’avoir trouvé qu’il précise : C’est le hasard hein !

Ce jeu des faux-semblants nous a bien retourné.
Animal et humain.
On discute. Peut-être que sans la dérision on deviendrait tous fous…

— extrait du récit par Anne Garel