— The Slide
performance



Tout le monde attend.
Puis éclate du gros son hyper fort type caisson de basse
et une voix chaude-chaudass, ambiance parking ou boîte de nuit.
Mix high-peach.
Hypnose gluante d’un beat en tension.
La voix femelle exhale un Let me believe suppliant
comme un décompte de fusée
ça monte chaud, sidérant.
L’attente fige.
Des personnes arrivent gênées dans l’espace vide de l’accueil
les animaux eux,
pas perturbés ni par le rythme, ni par le volume, continuent de brouter.
Ça regarde dans le vague à l’endroit de la route
Distribution de lunettes de soleil
Alors on entrevoit des pieds groupés qui descendent sur la route,
on dirait qu’ils portent un cercueil extra-terrestre ?
Une forme bleue et une mascotte, costume de chien peluche.
C’est un toboggan et ils le portent à 8.
On suit la procession, spontanément
dans un calme zombi.
Soleil tombe, poussière de terre, le son violent est loin maintenant.
Ils posent le toboggan sur une pente dénudée
un enfant dit : Pourquoi on va avec eux ?
L’objet est installé.
Tout le monde s’écarte et regarde
La grande mascotte orange s’éloigne et salue
(on comprend que c’est Kevin Desbouis)
Applaudissements. Il disparaît.
Une chèvre bêle
des enfants vont sur le toboggan et jouent publiquement
c’est comme un spectacle cru, genre à vous de jouer ?
La tension retombe
et on est seuls ensemble.
Une montée une descente
une absence abrupte
un nouvel espace
presque trop neuf.
— extrait du récit par Anne Garel