— Qui va à la chasse perd sa place
performance en chaussette








Fini l’innocence de l’ombre.
Sur la prairie nue grillée
se détache le personnage de Rebecca Guillet
agrafée au décor dans une veste pied de poule.
Tablier de serveur, plume de paon. Chaussettes 100% laine anglaise.
Pompon violet et jarretelles de mollet.
Apparition franche et costume malin,
humour pudique sobre efficace.
Approchez…
Quelques fougères pour castelet,
nous sommes les convives de son petit théâtre :
Des chaussettes marionnettes interprètent
Qui va à la chasse perd sa place, récit explicite
d’un working-drame en deux actes, étonnamment actuel :
Un petit château renaissance rénové, entouré d’hectares giboyeux
accueille la chasse annuelle d’une grande fortune.
Engagée infiltrée dévouée, elle est maître d’hôtel pour l’événement
et nous ouvre les coulisses de la battue.
Et jvais t’dire…
On rit jaune
c’est une chasse de business
ça collabore bizarre
Comptine sur les dix doigts :
Du cuir du bois du marbre.
En ligne dans la forêt.
Joséphine, où sont les ptites cuillères ?
Bam- une biche à 20 m.
On débarrasse par la gauche, on sert par la droite.
Entendu.
Et donc môa, en Égypte… empaillée l’antilope.
Les patrons. Les collaborateurs.
Le daim c’est diabolique, ça saute…
Tu m’étonnes !
Hystérie pain-brioche
L’histoire continue et se répète
indéfiniment,
pour vos émoluments ?
ENTENDU.
Jvais t’dire …
Comme un malaise, entre agonie et porcelaine
y a comme un trou béant.
Faut revenir.
Et l’oreille,
chasse la trompe de chasse.
[…]
Chaussettes battent poussière pour assister
au deuxième épisode de la fameuse Chasse,
Rebecca Guillet nous conduit, en gilet forêt noire
jusqu’à son dénouement.
Le safari des nobles s’enlise dans le mensonge
Si vous demandez pas, ils donnent rien dit-elle !
Résistance
Clôture de l’oraison par un mini banquet,
symbole qui se mange.
— extraits du récit par Anne Garel