— La séance
objet sculpté, projection






Le premier à paraître, dit être Antoine Liebaert
Voyageur modeste,
il a de grands cheveux et porte sur son dos
un étrange instrument, tout en bois,
il l’a sculpté de ses mains.
C’est un hôtel-château avec une vraie clef.
Les tourelles sont des totems marmotides et l’effigie centrale,
un clin d’œil à son fils.
Petite marche médiévale
dessous les châtaigniers, chemin de l’ombre
jusque dans sa cabane, alcôve noisette et lierre.
Fauteuil crapaud et pop-corn de mûres, nous voici sur l’humus.
L’écran-lune n’attends que le rêve éveillé
Lanterna Magica
La séance commence, ses doigts ouvrent les mini-volets
dans un son mat et chaud et rassurant.
Les bobines-totem tournent, ses mains les activent
et la vision commence aux premières notes d’une serinette :
Crypto-dessins d’enfance
Arcane de la nature
par la lorgnette
on diffracte le cœur et l’empreinte des lieux où habite le rêve.
Fatras de l’amour et des peurs.
L’enfant est touché
par des êtres étranges et merveilleux.
Images-muses, mémoires-mobiles
fabriquent un langage mystère
pour se parler, après.
Retour clairière. Un éblouissement. Le soleil brûle.
— extrait du récit par Anne Garel